C’est un fait, la remontée des taux de crédit est enclenchée. Depuis novembre 2010, point le plus bas, les taux ont augmenté de 0.80 point en moyenne, conséquence de la hausse de l’OAT 10 ans de 1,20 point depuis l’été 2010 en raison de la situation budgétaire des Etats et des craintes de tensions inflationnistes. Mais à 4.30 % environ, les taux longs restent à un niveau bas comparé à ceux de nos voisins européens comme la Grèce ou le Portugal, où les taux atteignent respectivement 12 % et 8 %.
La solvabilité des emprunteurs n’est pas mise en péril… d’autant que les conditions du nouveau prêt à taux zéro plus (PTZ+), désormais accessible sans condition de ressources, contribue à relativiser l’impact de la hausse des taux sur la capacité d’emprunt des ménages. Ceux qui ne pouvait en bénéficier en 2010 – le gouvernement parle de 180 000 bénéficiaires supplémentaires par rapport à l’ancienne formule du PTZ - voient même leur budget global s’accroitre et ce, même en dépit de la fin de la déductibilité des intérêts d’emprunt et de la hausse des taux.
Reste l’inconnu du niveau des prix, car si en 2010, la baisse des taux a permis de globalement compenser la hausse des prix sur un an glissant et de maintenir un pouvoir d’achat immobilier stable, c’est-à-dire la surface que l’on peut acheter pour un budget fixe, en 2011, cela risque de ne plus être le cas, notamment compte tenu du niveau actuel des taux et des prix. Il restera alors la possibilité aux emprunteurs d’accroitre la durée de leur crédit qui avait fortement baissé avec les taux – 19 ans en 2010, contre 22 en 2008 – mais au prix d’une hausse du coût du crédit.
N. Badet, directeur Agence Meilleur Taux Mâcon |